Les reccolections de D-Day par les habitants de Crepon

Ce Jour La

TÉMOIGNAGES POUR L'HISTOIRE

Fernand FARCY, Julien LANDAU, Jean LECORNU habitaient Crepon le 6 Juin 1944. Ils se souviennent. Prisonnier, Herbert DROSSLER est reste. Pourquoi? A Propos de collection.. Julien est le cadet des trois. Ne en 1930. Fernand et Jean sont de 1927. Février pour le premier novembre pour le second. Voila pour la précision historique et le repos de l'âme du secrétaire de mairie de l'époque parti comme tant d'autres vers les abîmés silencieux de l'éternité...

A quoi ressemblait Crépon dans les années 40 ? un peu a aujourd'hui. Certes la grande route qui crucifia ce paisible hameau n'existait pas encore ; on allait se baigner a Asnelles "la belle plage" et bien entendu Arromanches n'était qu'une jolie villégiature de vacances très cotée. L'Histoire changera son destin. N'existait pas non plus la déviation venant de Ver a l'entrée de Crépon.

Fernand se souvient des premiers réfugiés juifs début 40 fuyant les rafles des villes et qui s'étaient installes dans ce qu'on appelait a l'époque 'le Château" aujourd'hui le Manoir habite par le Maire, Anne-Marie Poisson. Les allemands (la Commandantur} vécurent d'abord dans la maison de M.Lefevre a la droite de l'église avant d'occuper un mois âpres leur arrivée le Manoir..Une occupation qui a laisse quelques traces; une croix gammée (très exactement une swastika) sur le mur du magasin d antiquités, une fosse aujourd'hui presque comblée de fleurs pour l'entretien des camions de l'armée allemande, une fausse pendule en bois sur le fronton de la maison soulignée d'une plaque de cuivre pour l'entraînement au tir. Bref, ce n était pas le mur de l'Atlantique. Des traces qui perçurent abandonnées par un escadron qui n'a pas laisse de trop mauvais souvenirs. La police anglaise fit une enquêté sur le commandant Grunewald alors l'officier le plus grade et responsable de l'artillerie pour la région en la concluant avec beaucoup de mansuétude. II revint même revoir la famille Lecornu âpres la guerre avant de disparaître comme l'Ambassadeur du Reich a Paris, Otto Abetz, dans un accident sur une autoroute allemande. Étrange destinée des êtres..

Comment vivait-t-on ? On allait a Bayeux en vélo ou en cariole, voire en autocar au gazogène via Arromanches. Les voitures de l'epoque: Celtaquatre, Traction etc.. étaient sur cales, l'essence bien sur étant réservée a l'occupant. Faisaient exception a la règle le Maire, M.Banville, et l électricien du village qui roulait -ne riez pas -en Chrysler (au gazo bien sur) quatre années avant l' arrivée des fameux Command -Car de la même marque amènes par les troupes US dans les péniches de débarquement. L'Histoire a parfois d'amusant clins d'oeil. La Chrysler Créponaise fut détruite en 1944 par un tank Sherman mal garée sur une petite départementale elle obstruait le passage. Dommage tout de même!

La guerre se passe. Ce n'est jamais drôle la guerre. On fait ses courses a l'épicerie du village . " En ferme on vivait mieux que la ville" avoue Fernand. Les Créponais sont réquisitionnés (et payes) par les allemands pour le montage des fameuses "asperges a Rommel". Traduisez: les piquets de bois dresses verticalement pour empêcher avions ou planeurs d' atterri. On ne sait jamais! "J'avais un numéro sur mon bandeau et deux chevaux avec une deuxième obligation de souvient Fernand :" déménager les Allemands en cas de coup dur" On verra la suite. "Moi "dit Jean, "j'habitais au début du village en venant de Ver. Les Allemands appréciaient particulièrement ma vachère qui ne laissait pas de traces contrairement au banneau" France profonde.

Juin 1944. Le 5, Jean Lecornu s'en souvient bien "Il y a eu un chasseur Spitfire dans le ciel de Crépon sans doute pour une mission photographique. Je me suis dit, il va se passer quelque chose". Fernand Farcy est désigné pour aller a Courseulles toujours pour ces fameuses asperges. Il se cache. Et puis se lève un jour mythique: le mardi 6 Juin.. Des milliers d'individus basculent vers un destin magnifie que Charles de Gaulle résumera en une seule phrase "Au bout de leur peine, il y a la plus grande gloire du monde : celle des hommes qui n'ont pas cède."

6 Juin. "Ca chauffait" se souvient Jean. "Fusées blanches, feux d'artifices. Alors, on a fait une Tranchée- mon père était un ancien de 14 -En allant chercher 2 chevaux j'ai entendu derrière Vereecke (aujourd'hui la ferme de la Rançonniere ) des explosions dans le camp Allemand. Mon père a demande de nous mettre a l'abri. A 8 heures, l'infanterie Britannique avec quelques Canadiens arrivait sur la route de Ver.. C' était les premiers éléments de la 8eme armée du Maréchal Montgomery.

" C'est sa mère qui réveillé Fernand." Il se passe quelque chose. Je n'y croyais guère. Obéissant j'ai donc appelé mon frère pour nous réfugier dans une Tranchée allemande chacun avait son trou. Si une bombe tombait, un seul blesse ! Les anglais, je les ai vu arriver par la cote de Meuvaines et bien entendu en direct de Ver. J'ai vu un soldat tue par un char allemand dont l'équipage a été fait prisonnier. . Un autre soldat anglais a été crible de balles. Un prêtre catholique a voulu le bénir; il était protestant. Ce fut non."

"J'ai vu très vite un premier char allie; c' était un Sherman" se souvient Jean. "Mon père croyait que c' était un allemand. On les a salues Ils sont rentres dans Crépon avec derrière des auto-mitrailleuses".

"La mer était noire de bateaux " se souvient Fernand. "On a même récupère des vélos abandonnes.. que les gendarmes nous ont repris. Le deuxième jour nos bestiaux ont été tues. Il restait des Allemands dans le clocher. Un char Anglais est intervenu détruisant une des tourelles" (reconstruite âpres la guerre). On en reparlera plus loin.

Le 6 Juin c'est aussi le combat héroïque de Stanley Hollis et de ses hommes du bataillon des Green Howards " En fait" se remémoré Jean "Les anglais se sont fait accrocher a la sortie de Crépon vers Bayeux par un groupe d'Allemands très combatifs et hargneux ( "On reviendra " criaient-ils ). Un motard est arrive dans la cour de notre ferme. Il parlait français. "Peux- t-on venir car nous avons de graves blesses ?" Ils sont revenus bien sur. Stanley, j'en suis sur était allonge sur une chenillette. Premiers soins. Une Jeep a surgi avec trois grades. Il a été décoré en 10 minutes de la Victoria Cross la seule et unique attribuée le D-Day pour fait d'arme exceptionnel. Il avait sauve ses hommes en allant les rechercher sous la mitraille âpres un autre exploit le matin a Ver , la conquête d'un blockhaus tenu par l'ennemi Je sais que Stanley est revenu a Crépon âpres la guerre mais je ne l'ai pas revu (il est mort voila une quinzaine d' années }. Les avions sillonnaient le ciel. On ne pouvait plus traverser la route. J'ai vu des soldats Anglais trempes jusqu'aux épaulés . ca débarquait. ca débarquait. Ma première sortie? A vélo avec trois copains on est allé voir la mer.. pour se faire .., engueuler par la Military Police ("Vous nous gênez") . De Meuvaines on ne voyait même plus la mer. De petits camps d'aviation étaient installes ca et la. Un homme a eu le bras coupe par une hélice. Il est mort récemment.

Et Julien ? Julien a 14 ans va a l'école mais sur ordre des occupants ramasse aussi des... doryphores pour aider les pommes de terre a survivre ! (la chimie a fait depuis des progrès!). Julien sorti de chez lui le 6.. prends une balle perdue dans le bras gauche (la balle sera conservée par sa mère} . Il est soigne par un anglais. Ce sera le seul blesse Créponais. le Maire prendra un caillou dans l'oeil et un agriculteur, M.Lefevre, (décède) vivra un moment inoubliable : une balle (anglaise) traversant sa casquette , sans aucun dommage... pour son cuir chevelu.! Mais tous ces événements de Juin font faire naître chez Julien une nouvelle passion: la collection des véhiculés et autres objets de cette époque. Lisez plutôt: Pièces les plus extraordinaires : la chambre a coucher du Maréchal Rommel dont le lit aux quatre coins repose sur des colonnades style empire coiffée chacune d'un aigle en bronze. Avec le lit deux tables de chevet, deux chaises, une coiffeuse, une armoire, une glace tous marques du même emblème du Reich. L'ensemble fut achète chez un brocanteur de Tour- en Bessin. L'Histoire ne dit pas si le lit sentait encore le sable chaud d'EI Alamein; il suivait sans doute le maréchal a chaque déplacement -mais Julien en a fait un usage quotidien depuis lors!

Sa collection de véhiculés est aussi tout a fait étonnante: camions GMC, Jeeps et un magnifique Command- Car a l'extraordinaire finition et qui transporta sans doute des officiers supérieurs. Une des pièces préférées de Julien. On trouve aussi soigneusement entretenu un Dodge adaptable aux rails des chemins de fer français, un camion dépannage (rare) type Diamon (US) une cuisine roulante, une citerne, des remorques de Jeep et GMC . Le regret du collectionneur pas de GMC amphibie . Mais attendez, ce n est pas tout, on trouve aussi uniformes, casques, gamelles, radios, groupes electrogenes (qui fonctionnent sur 110 volts !) , motos Norton et BSA , chaussures etc, etc. Cette collection n'est pas ouverte au public. Julien aimant la mécanique, il travaillait a la forge de son père- acheta un camion, fonda une entreprise de transport qui comptait a son départ en retraite plus de 80 unîtes! Tous les 6 Juin , avant que la maladie ne le perturbe, il sortait son Command Car de luxe..

La mémoire estompe-t-elle les souvenirs? Certainement pas pour nos trois témoins les moments vécus restent inoubliables. Pour le caporal Herbert Drossler aussi. Arrêtons nous quelques instants sur son destin. Il naît en !925 a Turinge près de Kassel dans l'ex Allemagne de l'Est. 7 frères, une soeur " Six gars ont fait la guerre. Cinq blesses dont mon frère Albert sur le front Russe du cote de Stalingrad. Fait prisonnier il ne reviendra chez lui qu' au début des années 50 . "Pour mourir" Il reste aujourd'hui Hermann qui habite Cologne, Robert (Stutgart) et sa soeur (Stutgart également)

Herbert part le 17 Mai 1943 a 17 ans et demi dans l'armée Rommel. Destination St Malo puis Cherbourg." On savait que quelque chose allait se passer mais on ignorait ou "Les Anglais nous envoyaient des parachutistes qui n' étaient autres que des poupées, cote intox on a fait la même chose en construisant des chars.. en carton que les anglais bombardaient! Le !7 Août nous sommes partis vers Argentan et Falaise. C' était drôlement casse . Fait prisonnier le 20 Août par les Américains il est interne au camp d' Audrieu. Puis 17 mois âpres a Fleury sur Orne. L'on nous demandait de travailler dans les fermes. Avec un autre prisonnier , je suis arrive chez Vereecke. On était bien traite (sans être paye) nos affaires étant fournies par la camp. Libère le 30.10.49 je suis devenu "ouvrier libre" mon collègue est reparti en Allemagne la ou il n'y avait pas de Russes! .Pourquoi suis-je reste ? Dans une lettre de mon père -courrier contrôlé par les Russes dont on ne devait jamais parler sous menace d' être fusille -celui m'a fait simplement comprendre- "Si tu es heureux ou tu es reste-y!". J'ai compris. Herbert deviendra Français en !963. Il retournera trois fois en Allemagne sans pouvoir rejoindre Kassel. "Fallait donner l'équivalent de 100 FF a chaque Russe (au pro-rata du nombre des membres de votre famille !) et toutes les affaires -a part les vôtres jetaient confisquées . Je n'ai pas pu m'y rendre et n'ai donc jamais revu mes parents. J'ai rencontre Grunewald âpres la guerre a l'hôtel St Martin de Creully. Et sa fille a même été a la messe a Crépon... Je n'aime guère parler de cette époque. J'ai encore des cauchemars. Les jeunes ne savent pas ce qu'est la guerre" .. L'oeil s'anime un peu. Le 19 Aout, j' étais dans une petite ferme. Un jeune français a pris une balle explosive dans le ventre. Dans la Wermacht chaque homme avait une poudre spéciale pour arrêter l'hémorragie. C'est ce que j'ai fait. Sa mère a voulu lui donner un bol de lait chaud qui risquait d'aggraver son cas. J'ai jette violemment le bol. Et je ne parlais pas un mot de français.!. Avec un copain on a réussi a le mettre dans une ambulance qui l'a amène a l'hôpital de St Sever. J'ai retrouve le blesse il n' était pas mort. J' étais heureux. Même si sa mère a du me prendre pour un "sale" allemand! Je suis retourne a St Sever quelques années âpres sans pouvoir retrouver la ferme.. Citoyen Créponais, Herbert vit toujours ici. Il a travaille chez Renault Véhiculés Industriels a Caen comme interprète dans les livraisons de matériel. Il s' intéresse bien sur a ce qui se passe en Allemagne. "Mais, vous savez j'ai quitte ce pays a 17 an et demi. Alors..." Il a toujours roule dans des voitures françaises. La sérénité désormais l'habite. Sérénité dites-vous ? Écoutez bien. Douze ans âpres la fin de la guerre un de ses frères lui rendant visite souhaite se recueillir sur la tombe d'un camarade enterre au cimetière Allemand de La Cambe près de Bayeux. Herbert l'accompagne et decouvre.. sa propre tombe bien libellée a son nom! Entretiens avec le directeur du cimetière "L'homme qui est enterre ici est devant vous!" Enquêté. Depuis son nom a été efface et remplace par ces trois mots "Un Soldat Allemand Inconnu" Vous avez dit sérénité?

A l'entrée de Crépon (en venant de Caen) on peut voir encore un hangar qui servit a abriter les avions . Le plus important champ d'aviation comme on disait était entre Bazenville et Crépon La ou se posa avec un seul moteur une forteresse volante qui venait de bombarder Caen. Fernand se rappelle aussi d'un berger avec un troupeau de 500 moutons amène d'Autriche pour nourrir l'armée et qui , paissait tranquillement dans la plaine entre Crépon et Creully. Deux français travaillaient pour lui...

Pour Jean cette période reste aussi inoubliable. Promenade de santé alors ? " Oh non, il y a eu de la casse quand même même si le pays n'a rien eu (une ferme incendiée sur la route de Bayeux) et que nous n'avons eu aucune victime civile. Précisions: pour la tourelle de l'église dont nous parlions plus haut, deux chars ont tire Le premier était sur la route de Ver, le second en face la boucherie. Les allemands se sont vite rendus mais le clocher a été ébranlé donc pas le droit de sonner! Le D-Day était un mardi. Nous avons eu une grande tempêté ensuite qui détruisît le port d'Omaha. Et savez vous que" des sous marins allies vinrent reconnaître les fonds marins pendant la guerre? les gros navires ont ainsi évité les tourbes de l'ancienne foret. Fabuleux! Et que dire des Écossais en kilt accompagnant les troupes Anglaises et jouant de chaque côte de la route des airs de cornemuse! "

Âpres le 6 Juin souligne Fernand ce fut plus facile. Les anglais n'occupaient aucune maison (ils avaient leurs tentes) et étaient très bien organises dépôt d'essence a Crépon sur la route de Meuvaines, boulangerie a l'entrée de Ver... Je me souviens d'un officier Anglais qui s'est pose en catastrophe. II pavoisait comme un normand. On ne l'a jamais revu" "

"Contrairement a Julien, je n'ai pas fait collection de matériel. C'est pas mon truc" avoue Jean. Savait-il que les Américains étaient a Omaha ? " Non, on avait ni électricité ni radio. Chez nous par contre nous disposions d'un puissant groupe électrogène dans une immense grange. J'ai appris a le mettre en route et les Anglais y ont installe un théâtre aux armées. Non, les Américains on en a vu bien sur mais ici c' était essentiellement Anglais et Canadiens. Ca nous changeait âpres le couvre feu a neuf heures pendant toute la guerre...!

Les souvenirs, on le voit, restent vivaces." J'ai vu de Gaulle a Bayeux!l se souvient Fernand "On a vu réapparaître La Renaissance du Bessin" (premier journal de la France libérée qui! existe toujours) :

Anecdotes encore: on parla Russe a Crépon pendant l'occupation: il y avait des soldats déserteurs de l'armée rouge sous l'uniforme Allemand. Autre chose: père de Jean avait une traction-avant Citroen (pléonasme !): réquisitionnée par les FFI (Forces Françaises de l'intérieur) ou soi -disant tels car les résistants de la toute dernière heure il yen eut aussi en Normandie!. "La traction a été considérée comme volée. Restée sous notre nom, on l'a récupérée a ..Marseille!... Le dimanche âpres le D-Day il y a eu une cérémonie protestante a l'église. Beaucoup plus tard un office catholique a réuni un régiment de Polonais qui avec leurs chars montaient sur Caen dont on apercevait jusqu'ici les lumières de l'incendie"

Au lieu et place ou Stanley Hollis gagna sa médaillé, M.Guedon , le locataire de la ferme sauva la vie des plusieurs Anglais: les Allemands avaient déplacé un canon. Les Anglais (avec une chenillette) ont voulu y aller. Touchée, cette dernière était en feu. L'infanterie Anglaise est arrivée." N'y allez pas" leur dit .M.Guedon, "Vous allez; vous faire massacrer.. "Les anglais ont alors demande deux Sherman avec lance-flammes. Un Allemand a tente de réduire les chars. Il a reçu une balle dans la cuisse. II a été correctement traite. Un autre soldat Allemand a hurle "Messieurs, on se retrouvera un jour! "Je suis persuade qu'il doit y avoir encore des munitions dans ce coin -la !"

L'immédiat âpres- guerre se passa -t-il bien a Crépon ? Nos témoins sont unanimes: il n'y a pas eu de règlement de compte: seule une femme (Mme Leconte) disparue aujourd'hui manifesta une certaine sollicitude -disons une collaboration auprès de la puissance occupante. Elle ne fut pas tondue mais jugée a Bayeux. L'Histoire ne dit pas ce qu'elle devint.

L'Histoire justement. Les cérémonies du 50eme anniversaire ? C' était émouvant". La cérémonie du souvenir pour Stanley Hollis: "C' était très beau !" Jean et Fernand ont aujourd'hui 72 ans, Julien 69. Ils revoient parfois "Le jour le plus long" a la TV. Ils n'ont pas vu" Il faut sauver le soldat Ryan" truffe d'invraisemblances il est vrai; pas de GI noirs-et il yen avait beaucoup-aucune image sur les haies Normandes qui causèrent bien des soucis aux allies (le film a été tourne en Irlande). Enfin, contrairement a ce que montre le cinéaste les divisions SS n' arrivèrent sur le front Normand que plus tard: la plus sinistre celle du General Lamerding ( il mourut retraite dans son lit) qui brûlât Oradour sur Glane se battit en Juillet a Caen mais renonça faute de.. carburant.

Retraites, Fernand, Jean, Julien , Herbert sont restes fidèles a Crépon: Beaucoup de leur pioches ont disparu. L'église sonne la marche du temps. Parfois s' arrêtent des vétérans. Leur visages rides ressemblent aux plis sures des voiles de ces bateaux naviguant désormais paisiblement au large de Ver pendant les vacances. Tous les 6 Juin, Fernand, Jean , Julien, Herbert se souviennent. Puisse leur émouvante fidélité réchauffer quelque peu le marbre des tombeaux de ceux qui dans leur prime jeunesse furent victimes de la folie des hommes . ,

Jacques Poisson